Pinceau-photo-pipette

Parmi les roues des couleurs, il en est qui sont peintes à la main. Bruce MacEvoy consacre une page et nombre de précisions pour ce faire :

maroue

Une roue des couleurs peinte à partir des explications de handprint.com .

Comment établir un lien entre la reproduction d'une image peinte et la roue du modèle TSV ? L'outil du lien est la pipette, plus précisément celle de l'irremplaçable Just Color Picker. On peut y enregistrer les coordonnées couleurs d'une série de points de l'image :

pipette

Enregistrement avec Just Color Picker des couleurs d'une suite de 144 points avec une touche du clavier. Les couleurs s'empilent et sont sauvegardées dans un fichier.

Dans les nombreuses librairies de l'environnement R on trouve les outils qui permettent d'écrire des fonctions assurant la représentation de chaque enregistrement à sa place dans le modèle HSL :

marouechroma

Représentation des 144 enregistrements dans le plan de la roue des couleurs (angle pour la teinte et distance au centre pour la saturation). Un trait relie les points dans l'ordre d'enregistrement et on reconnaît la roue d'une représentation dans l'autre.

La pipette enregistre aussi la troisième dimension (luminosité). On peut utiliser luminosité et saturation indépendemment de la teinte, de deux manières différentes. Dans le modèle TSL ( Teinte-Saturation-Luminosité HSL Hue-Saturation-Luminosity) dit encore TCL cylindrique, on a la configuration :

cylindrique

Espace HSL cylindrique. Un point est repéré par un angle (teinte), une saturation (chroma/chroma maximale) et une luminosité. La saturation est à la même échelle à chaque luminosité et on peut superposer les cercles de couleurs. Mais cette opération pratique n'a plus de sens concret vers le blanc et le noir.

On peut résumer la configuration du modèle TSL conique par :

biconique

Espace HSL biconique. Un point est repéré par un angle (teinte), une chroma et une luminosité. La chroma a toujours un sens concret mais on ne peut plus superposer les luminosités différentes. Les deux roues de luminosité moyenne (0.50) sont identiques.

On préférera donc la saturation pour placer les points sur la roue et la chroma pour placer les points indépendamment de leur teinte dans un triangle.

marouechroma_lum

Représentation des 144 enregistrements par le couple chroma-luminosité. Les étoiles représentent les valeurs moyennes par tour de la roue peinte. On note l'erreur qui empêche les pigments d'exprimer leur saturation maximale par manque de clarté, la luminosité trop faible (le concentration en pigments est trop forte) mais, en même temps la décroissance de la saturation moyenne vers le centre de la roue avec 4 tours entre 0.5 et 0.6, puis un tour à 0.5, un tour à 0.4 puis les trois derniers tours entre 0.2 et 0.3 (tons rompus).

On apprend ainsi à voir les couleurs. Pour une teinte donnée (angle) on retrouve le langage commun qui définit bien les deux composantes L et S :

lslanguage

Luminosité-Saturation pour une teinte donnée, de gauche à droite saturation croissante, de bas en haut luminosité croissante.

Avec ces outils on s'aperçoit alors rapidement que l'oeil ne voit pas tout, loin de là ! Le modèle ne représente pas la sensibilité de l'oeil, c'est même le principal défaut qu'on lui attribue. Quand deux points sont sur la roue des couleurs, la distance qui les sépare reflète mal la différence perçue entre les couleurs qu'ils représentent. On voit parfois clairement la différence de couleurs entre points voisins, mais on peut, souvent, ne pas voir pas pourquoi deux points sont éloignés. Le modèle représente des couleurs, pas le ressenti qu'elles provoquent. On peut admettre qu'il s'agit d'un outil pour apprendre à voir et pour partager de l'information. Un exemple illustre cette intention :

orange

240 carrés obtenus en ajoutant progressivement (de 1 à 80) et avec parcimonie (!) du noir (PBk7 de Daler & Rowney) dans de l'orange moyen (PO62 de Winston & Newton) avec trois niveaux (a, b, c) de dilution.

orange_chroma

La teinte des 240 carrés est globalement - l'anomalie est soulignée - la même (30°) à mi-chemin entre rouge (0° origine) et jaune (60°).

Toute l'information concerne le lien saturation-luminosité :

orange_lumi

Chroma et luminosité des 240 carrés : l'eau et le noir désaturent l'orange, la première l'éclaire, le second l'assombrit. Deux grandeurs physiques (noir et eau) permettent l'accès à deux grandeurs conceptuelles (saturation et clarté).

La nuance des couleurs est continue (ici la teinte est constante), la perception ne l'est pas. Toutes les combinaisons ne sont pas accessibles. Le possible est une partie du concevable. Un dernier argument n'est pas négligeable pour inviter à visiter cette approche. Si on a préféré la pipette Just Picker Color pour son option d'enregistrement, il faut mentionner la pipette LaBoiteACouleurs pour son option affichage des noms de couleurs :

orange_LRC

La pipette LaBoiteACouleurs affiche pour un pixel le nom de la couleur le plus proche disponible dans son dictionnaire.

Pour en profiter, il a fallu regrouper les bandes d'essai par niveau de luminosité, ce qui permet d'enregistrer la liste de noms des couleurs suivantes :

orangebis

1 - Abricot  2 - Poil de chameau  ou Baillet  3 - Sépia   ou Châtain  
4 - Bistre   ou Gris-de-maure  5 - Bis   ou Gris-de-maure  6 - Blond   ou Blond vénitien  7 - Beige   ou Vanille  8 - Grège  9 - Gris souris   ou vert de gris  10 Gris fer  11 - Vanille   ou Ventre de biche  12 - Sable   ou Ventre de biche  13 - Gris tourterelle   ou Argent  14 - Gris souris   ou gris acier  15 - Saumon  

On peut donc avec un pinceau faire un essai d'aquarelles, scanner la feuille pour obtenir un fichier image, enregistrer à la pipette les couleurs sur l'image et représenter le résultat dans un modèle, ici la roue HSL. On trouvera dans les pages qui suivent ce qu'on peut apprendre de cette procédure.

D. Chessel  maj 2020|02|17  loc http://aquaroue.paulklee.fr/intro/intro4.html  Licence Creative Commons Licence CC BY 4.0

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